| P a g e p r é c é d e n t e | P a g e s u i v a n t e |
| Marcelin Albert, recherché par toutes les polices, se rend spontanément à Paris pour rencontrer Georges Clemenceau. La confrontation entre un brave homme, sincère, trop confiant, trop naïf et le Président du Conseil, Ministre de l'Intérieur, ne pouvait que tourner à l'avantage de cet homme politique aguerri, . | |
Débats à la Chambre des Députés |
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| Alors que la discussion de la loi sur le mouillage et le sucrage continue, les 20 et 21 juin, les députés de l'opposition interpellent le Gouvernement sur les incidents de Béziers, Narbonne et Perpignan. Les accusations et les défenses sont, vololontairement ou non, basées sur des informations partielles et inexactes. | Finalement, comme un coup de théâtre, Clemenceau annonce aux députés la fin de la mutinerie du 17e. Lors du vote qui suit, la confiance est accordée au Gouvernement par une très large majorité. |
Marcelin Albert à Paris |
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Marcelin Albert est resté caché toute la journée du 19 dans le clocher de
l'église d'Argeliers. À la nuit tombée, une voiture l'amène à Bordeaux où il prend le train.
Le 20 juin au soir, il débarque à Paris. Il fait parvenir un message au député de Narbonne pour lui demander de l'accompagner à la Chambre des Députés où il voudrait intervenir. Le 22, ce dernier refuse sèchement. |
Le dimanche 23, à 10 heures, Marcelin Albert se présente au Ministère de
l'Intérieur, place Beauvau. Il tend une lettre à l'huissier et lui déclare vouloir rencontrer
le Président du Conseil. Quelques minutes plus tard, Clemenceau le reçoit en tête à tête. |
L'entretien inégal |
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Les versions des deux hommes divergent sur ce qu'ils sont dits
lors de cette entrevue. Marcelin Albert est venu exposer la situation et se constituer
prisonnier. Clemenceau exige que la légalité soit rétablie ; il lui reproche de faire le jeu
des extrémistes et des royalistes. Marcelin Albert proteste que son combat est uniquement celui
de la viticulture. Finalement, Marcelin Albert accepte d'aller essayer de convaincre les maires de retirer leur démission et le Comité de faire cesser les actions. Il ressort du bureau avec un sauf-conduit de la main de Clemenceau et un billet de cent francs pour prendre le train (somme qu'il a promis de rembourser, ce qu'il fera dès son retour). À peine l'entretien est-il terminé que Clemenceau parle aux journalistes : Marcelin Albert serait venu réparer le mal qu'il a fait, aurait éclaté en sanglots en réalisant la gravité de ses actes et aurait accepté une mission que Clemenceau refuse de dévoiler. Il laisse même planer quelques doutes sur la santé mentale de Marcelin Albert. |
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Marcelin Albert est décidément trop naïf : sorti du ministère à 11 heures,
il n'a pas réussi à prendre le train de midi ; craignant d'être soupçonné de ne pas tenir ses engagements,
il envoie un mot à Clemenceau pour lui indiquer qu'il prendra celui du soir. Attablé à un café où il déjeune, il est reconnu par des journalistes qui lui montrent les éditions qui viennent de sortir. Il est effaré et tente de démentir : Non, il n'a pas pleuré ! Non, il n'est pas venu réparer le mal, mais essayer de trouver un terrain d'entente ! Oui, il a accepté une mission ! Et alors que Clemenceau n'en avait pas parlé, il révèle le prêt du billet de cent francs. Tout cela est confus et le mal est fait : Marcelin Albert est désormais déconsidéré aux yeux de ses anciens amis. À 21 heures, il prend le train dans un wagon de 3ème classe, sans savoir que cette partie du train doit normalement être détachée à Brive pour continuer en omnibus. Il arrivera à Toulouse trois heures après la sortie des journaux ! |
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