1907, une révolte oubliée

L'origine de la crise


La misère croissante de la viticulture.

P a g e  s u i v a n t e
Depuis plusieurs années, le nombre d'hectolitres de vin produits dans le Midi de la France ne cesse d'augmenter, provoquant donc une chute vertigineuse des cours. Beaucoup de viticulteurs ne peuvent plus vivre avec le revenu de leur exploitation et les ouvriers agricoles ne trouvent plus à s'embaucher. Le coupable est désigné :

Les Fraudeurs

Le chimiste Nicolas Chaptal a découvert qu'en rajoutant du sucre au moment de la fermentation, on arrive à faire remonter le degré alcoolique du vin.
La tentation est grande, alors, de rajouter de l'eau pour produire une plus grande quantité.
En alternant plusieurs fois sucrage et mouillage, et en rajoutant des colorants et des conservateurs, on arrive finalement à produire du vin en quantités énormes, même s'il n'a plus grand chose de naturel.
Des 'kits' à base d'arsenic, d'acide citrique, sulfurique, chlorhydrique aux noms évocateurs d'Anti-Tourne, d'Oeno-Stérilisateur, d'Anti-Aigre et de Vini-Conservateur font leur réclame dans la presse.

En 1903, les députés diminuent la taxe sur le sucre de betterave de 60 Francs à 25 Francs le quintal. En effet, les betteraviers du Nord sont fortement concurrencés par le sucre de canne et il est nécessaire de soutenir leur activité.
Mais le bonheur des uns fait le malheur des autres : en un an, la production de sucre de betterave passe de 400 000 à 600 000 tonnes. Et, en dépit des lois contrôlant les manipulations chimiques du vin, la production de 'vin de sucre' augmente également, beaucoup plus vite que la consommation.
Les viticulteurs attribue la faute de la chute des cours et de leur misère qui en découle aux 'fraudeurs' : grands négociants et industriels qui leur achète leur vin naturel, le trafique et le multiplie, puis le distribuent en quantité sans aucun rapport avec le volume acheté.

Les coupables sont donc ces fraudeurs qui organisent la surproduction !

Avoir autant de bon vin et ne pas pouvoir manger de pain !

Une crise économique aux raisons moins évidentes

La misère est réelle : de nombreux maires et de nombreux députés ont fait part de la situation de leurs administrés dans l'impossibilité de payer leurs impôts ; d'autres évoquent des vignobles qui se vendent au prix du terrain nu ou qui ne trouvent même plus d'acquéreur ; les taux de natalité dans le Midi viticole sont inférieurs à la moyenne nationale, mais l'exode rural est plus important que dans le reste du pays ; «Jeanicot Astruc a échangé un foudre de 25 hectos de vin contre un gigot de mouton».
Faute d'obligation de déclaration, les statistiques de l'époque sont floues. Mais, depuis 30 ans, le prix de vente moyen de l'hectolitre a été divisé par 3, tandis que la production est presque multipliée par 2 sans que la consommation augmente dans les mêmes proportions.
Si, sans aucun doute, la fraude existe, elle est probablement marginale par rapport à un contexte économique et structurel défaillant. Et même si les fraudeurs sont les boucs émissaires désignés par des viticulteurs sincères, le problème est ailleurs :
La production viticole est irrégulière d'une année sur l'autre : sans moyens de stockage suffisants, ils sont obligés, certaines années, de brader la production de l'année précédente ; d'autre part, les grandes propriétés viticoles des colons algériens commencent à pénétrer le marché avec des prix inférieurs.
Enfin, vingt ans auparavant, une épidémie de phylloxéra a détruit la majeure partie du vignoble et a durablement affaibli la viabilité économique des exploitations. Alors que certains commencent à s'en remettre, cette crise va complètement les anéantir.

Crise nationale :

Le 25 janvier 1907, la Chambre des Députés diligente une Commission chargée de faire une enquête sur la situation de la production, du transport et du commerce des vins, et de proposer les mesures à prendre en vue de remédier à la situation critique de la viticulture.
L ' o r i g i n e  d e  l a  c r i s e
M a r c e l i n  A l b e r t ,  l e  m e n e u r
L e  M i d i  f a i t  m o n t e r  l a  t e n s i o n
L e  p a r o x y s m e  e t  l e  d r a m e
L ' É t a t  r e p r e n d  l a  m a i n
L a  c h u t e  d u  R é d e m p t e u r
C a r t e s  p o s t a l e s