"L'Illustration" |
La France pittoresque n'est pas connue, a-t-on dit bien souvent.
Une fête nationale nous a permis de visiter un des coins les plus ignorés
de nos côtes de Provence, et nous revenons enchanté de ce voyage.
Saint-Tropez occupe la pointe extrême d'un promontoire qui s'avance dans la Méditerranée,
entre la baie de Carqueiranne près d'Hyères et le golfe de Saint-Raphaël, et la baie d'Agay à quelques kilomètres de Cannes.
C'est un petit port qui a eu jadis ses jours de grande prospérité. (...)
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La ville en soi n'a rien de remarquable.
Pas un monument, pas une maison qui puisse retenir et faire rêver quelques instants l'artiste et le curieux.
Pour avoir des réjouissances de ce genre, il faut sortir de la ville et aller du côté de la mer.
Là on n'aura que l'embarras du choix.
De quelque côté que l'on se tourne, à chaque pas, les regards seront émerveillés et éblouis.
Plusieurs discours ont été prononcés.
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On aurait pu s'en tenir à ceux de M. Jurien de la Gravière
[vice-amiral, aide de camp de Napoléon III] et du maire de Saint-Tropez ;
mais dans le midi, on a vu souvent des démangeaisons à la langue.
On l'a bien vu au banquet officiel, où les toasts ont été fort nombreux, et au Cercle Suffren, où un punch a
été le prétexte de bien des indiscrétions regrettables.
Oublions tout cela pour ne nous souvenir que de la cordialité qui a
présidé à cette fête, depuis la première heure jusqu'à la dernière.
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Aujourd'hui un grand armement serait impossible à Saint-Tropez.
C'est à peine si l'on voit encore quelques chantiers de construction.
Et encore devons-nous dire que ces constructions diminuent chaque saison.
Article monogrammé G.B.
(Georges Bell ?)
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"Le Monde Illustré" |
Elle était nombreuse cette foule.
Elle était accourue de tous les points de la côte,
de Toulon et de Saint-Raphaël, d'Antibes, de Fréjus, de Nice, de tous les villages environnants,
de toutes les localités à quarante kilomètres à la ronde ; de Cagolin [sic], de La Roche-Freinet,
du Luc, du Canet, de Carnoules, de Vidauban, de Pignans, de Cuers, d'Agay, de Gonfaron, d'Hyères.
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Elle se pressait compacte sur la petite place qui est devant le port, et au centre de laquelle s'élève le monument.
C'était en majorité de braves populations rurales ; mais on remarquait partout cette
intelligence et cette habitude de la pensée que donne partout l'éternel spectacle de la mer.
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Elle heurtait sans cesse les personnages officiels, dans des rues étroites et tortueuses peu faites pour
de grands concours de populations. Mais nulle part il n'y a eu l'ombre d'un désordre. (...)
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Nous prions les lecteurs de remarquer l'activité que nous déployons ; ce dessin, reçu le lundi
à midi, a été dessiné et gravé en quarante-huit heures, et a pu être mis sous presse jeudi matin.
Article signé Georges Bell
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